Analyse du cycle de vie : une démarche simplifiée

© ATF-BPT Analyse du cycle de vieLe schéma du cycle de vie présente de façon simplifié les étapes prises en compte lors de l’établissement des Déclarations environnementales de produits. Si 16 étapes sont définies par la norme européenne NF EN 15804, elles sont ici regroupées et réduites à sept pour une meilleure compréhension.

Depuis le 1er janvier, il est obligatoire pour communiquer sur les performances environnementales d’un produit de construction d’utiliser le format des Fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES) ou celui des Déclaration environnementales de produit (DEP). La société C4CI veut démocratiser ces DEP et propose des moyens de s’approprier le calcul.

Attendu depuis plusieurs mois, le décret relatif à la déclaration environnementale de certains produits de construction destinés à un usage dans les ouvrages de bâtiment a été publié au Journal officiel le 29 décembre dernier.

Depuis le 1er janvier 2014, toute entreprise qui souhaite communiquer sur les vertus environnementales de son produit doit le faire suivant l’un des deux formats suivants : soit une fiche de déclaration environnementale et sanitaire – les FDES répertoriées en France sur la base Inies –, soit une déclaration environnementale de produit (DEP). Ces dernières s’appuient sur la norme européenne NF EN 15804, tandis que les FDES sont réalisées suivant la norme française NF P 01-010. « La philosophie reste la même. Les deux méthodologies s’appuient sur la même norme ISO pour réaliser l’analyse du cycle de vie d’un produit de construction », explique Frédéric Rossi, ingénieur Arts et métiers, en charge du pôle environnement chez C4CI, jeune société de conseil en ingénierie. Une période transitoire de six mois est prévue pendant laquelle les deux formats vont coexister.

Mais à partir de juillet 2014, seules les DEP seront autorisées. D’ici là, C4CI espère bien avoir encore augmenté ses parts de marché dans le secteur de l’analyse du cycle de vie des matériaux de construction. En effet, la société basée en Alsace estime détenir environ 10 % de part de marché dans ce secteur avec des clients tels que l’Association techniques des fabricants de blocs-portes techniques (ATF-BPT) ou celle des bois tropicaux (ATIBT). « Réalisées par un partenaire extérieur, les premières FDES coûtaient entre 10 000 et 40 000 euros et donnaient lieu à la production d’un épais rapport, finalement assez difficile à utiliser pour réellement éco-concevoir des produits », se souvient Frédéric Rossi. Dix ans plus tard, le contexte a changé. Certains grands groupes réalisent des ACV à l’échelle du bâtiment et commencent à connaître les ordres de grandeur en termes d’impact environnemental d’un produit par rapport à un autre. Pour se développer, C4CI mise sur la démocratisation des DEP, ce qui passe par l’appropriation par les industriels des outils de calcul

Un logiciel paramétrable par l’industriel

« Notre objectif est de rendre disponibles des outils et des méthodes à un coût raisonnable et compréhensible par tous », indique l’ingénieur avant de poursuivre : « La première étape de l’ACV est toujours la collecte de données chez le client. C’est la partie la plus complexe. Mais une fois les informations collectées, au lieu de fournir un rapport valable pour une unité fonctionnelle spécifique, nous livrons un logiciel paramétrable par l’industriel lui-même. Le calcul et la rédaction de la DEP sont ensuite automatiques. » Pour l’instant, ce logiciel est au stade du prototype, mais une version protégée devrait être disponible d’ici un an et demi. Cela permettra ainsi de disposer de DEP plus précises, contrairement aux moyennes réalisées à partir de produits types.

Les prochaines exigences réglementaires concerneront l’homogénéité des DEP quand elles résultent d’une démarche collective ainsi que la vérification obligatoire des résultats par une tierce partie. En plus de ces futures obligations, la réalisation simplifiée de déclarations environnementales permettra aux industriels d’envisager une réelle éco-conception de leurs produits, où les critères environnementaux seront pris en compte au même titre que les critères économiques ou industriels.

Julie Nicolas | Source LE MONITEUR.FR