Autoconsommation pour un bâtiment tertiaire à énergie positive

IMMEUBLE SAINT DENISLe Moniteur.fr – 18 février 2014

Consommer sur place l’énergie produite par le bâtiment sans nuire aux qualités d’usage et architecturale, c’est le pari audacieux des concepteurs de ce premier bâtiment tertiaire en autoconsommation à Pantin (Seine-Saint-Denis).

Ces concepteurs, maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, le présente comme le premier bâtiment tertiaire de France à énergie positive et en autoconsommation. Baptisé « Bonne énergie », l’ouvrage se distingue aussi par une façade blanche immaculée en Solid surface (Corian®). Car ici, l’architecture n’est pas sacrifiée à la technique qui reste discrète : « Malgré sa singularité, le bâtiment ne se veut pas démonstrateur. Nous avons souhaité proposer une nouvelle génération d’immeubles qui soit à la fois une réalisation environnementale intégrée à la ville, confortable pour les utilisateurs, d’une grande qualité architecturale. Et aussi d’un prix qui ne soit pas plus élevé que la moyenne constatée sur ce type de prestations », explique Olivier Roux, directeur général adjoint Prd Office.

Quatre postulats

Atteindre l’autoconsommation repose sur quatre postulats : la qualité de l’enveloppe du bâtiment pour garantir son caractère passif et bioclimatique ; la qualité des équipements techniques, notamment au plan de l’efficacité et des consommations d’énergie ; le dimensionnement de la centrale photovoltaïque ; le prévisionnel de consommation des occupants. « Le locataire bénéficie de la production de la centrale pour ses propres besoins. Lesquels ne sont pas faciles à estimer. Nous savons, par exemple, que les consommations liées à l’informatique seront importantes. Nous pensons qu’en moyenne annuelle, 80% de la production de la centrale photovoltaïque sera autoconsommée ; il y aura évidemment des pics et des moments où la centrale produira davantage que les besoins ».

Au plan administratif, c’est également une première. Jusqu’à présent, l’énergie produite par les bâtiments était vendue à l’opérateur et injectée dans le réseau. Ici, un dispositif de dérogation exceptionnel a été négocié avec l’Ademe. Dispositif qui permet d’éviter les problématiques de stockage – lorsque la production est supérieure à la consommation – et de transport de l’électricité lequel génère des pertes importantes.

Prévisions annuelles de consommation et de production

Une simulation thermique dynamique (STD) a été réalisée pour estimer les consommations du bâtiment en utilisation classique.
Le ratio de consommations pour les postes de consommation réglementaire (RT2005) est de 50,3 kWhep/m².an (soit 314 627 kWh/an en énergie primaire et 121 948 kWh/an en énergie finale). Pour tous les postes de consommation, y compris ceux ne rentrant pas dans le cadre de la réglementation thermique, les consommations estimées sont de l’ordre de 128 kWep/m².an.

Le prévisionnel annuel de production de la centrale solaire, suivant le moteur de calcul réglementaire, est de 46,9 kWhep/m².an (soit 113 802 kWh/an d’énergie finale). Suivant le calcul de l’installateur de la centrale photovoltaïque : 127 056 kWh/an d’énergie finale, soit 52,4 kWhep/m².an.

Synthèse des résultats du calcul RT, Cep RT2005 : – 6,57 kWhep/m².an, soit 40,4 kWhep/m².an de consommation.

Prévisions annuelles d’émission de polluants dans l’atmosphère

© DR
Prévisions annuelles d’émission de polluants dans l’atmosphère

FOCUS

Fiche technique

Maître d’ouvrage : PRD Office (75)
Maître d’œuvre : Fassio Viaud (75)
AMO HQE : Addenda (32)
Aménageur : Semip (93)

Stéphane Miget | Source LE MONITEUR.FR. 18 février 2014